Epilogue

 

Université LaFayette – Donahue Hall – Chambre de Holly

Assis sur le lit de son amie, Gabe attendait que Holly sorte de la salle de bain :

« - Et dire que je ne me suis jamais rendue compte de rien ! – Cria-t-elle à travers la porte restée entre ouverte.

- Et moi donc… Je n'y ai vu que du feu.

- Tu disais quelque chose ? – Lui demanda-t-elle, apparaissant sur le palier de la porte, une brosse à la main.

- Oui, que je n'y ai vu que du feu. Et en plus, je ne me rappelle de rien.

- Elle a dû sacrément t'assommer.

- Ouais… Je te remercie, au fait. Sans toi, on m'aurait peut-être retrouvé trop tard.

- Tu parles, je n'ai rien fait à part avertir ton frère.

- Et qu'est-ce qu'il se serait passé si tu ne l'avais pas fait, hein ?

- Oui… - Dit-elle d'un ton appréciateur. – J'ai été top. – Gabe sourit à cette remarque et se leva.

- Bon, je vais te laisser finir de te préparer. Je m'en voudrais de te faire rater ton cours préféré…

- Oui, c'est ça, file ! Sale ingrat… »

Gabe sourit une nouvelle fois et sortit de la chambre, tandis que Holly retourna dans la salle de bain.

 

Manoir – Campagne irlandaise

Debout sous la lumière d'un projecteur, au centre d'une vaste salle plongée dans le noir, Tyler Abrahams défiait de toute sa hauteur les membres de l'Assemblée dont il ne voyait que les ombres. Des rumeurs s'élevaient partout autour de lui et il ne pouvait que deviner ce qu'ils se racontaient. L'homme qui siégeait au centre du cercle prit soudain la parole :

« - Monsieur Abrahams. Suite à vos récents échecs, l'Assemblée se demande si elle n'a pas fait une erreur en vous nommant à la tête de l'opération Génésis. Il est évident que votre rancœur vis-à-vis de feu Ira Oswald n'a fait qu'obscurcir votre jugement. Et nous ne pouvons vous permettre de faire échouer un plan que nous avons mis tant d'années à élaborer, et ce, jusque dans ses moindres rouages. C'est pourquoi, à moins que vous ne nous apportiez la preuve que notre confiance en vous n'était pas fortuite, nous demandons votre défection immédiate et non révocable.

- Vous ne le ferez pas. – Affirma l'accusé avec un calme à vous glacer le sang. Un vent d'indignation souffla parmi les membres de l'Assemblée auquel l'homme, qui avait pris la parole, coupa aussitôt court.

- Oseriez vous remettre en cause notre jugement, Monsieur Abrahams ?...

- Qui a retrouvé la trace d'Ira Oswald ! Il m'a fallu une dizaine de jours à peine pour le localiser là où il vous a fallu vingt longues années ! Qui s'est sali les mains afin que personne, je dis bien personne, ne puisse remonter jusqu'à vous pendant que vous vous regardiez le nombril ! Qui a découvert que les fugitifs se cachaient actuellement quelque part en Louisiane ! Qui est en mesure de vous les ramener ! – Il toisa du regard chacun des membres de l'Assemblée malgré le fait qu'il ne pouvait voir leurs visages. – Il n'y a que moi. Vous le savez… tout comme je le sais. Je suis le meilleur… et c'est pour ça que vous m'avez choisi.

- Il a raison. – Intervint un homme sur sa gauche. – Il dispose de compétences qu'aucun autre ne possède. Il est un atout. Et nous ne pouvons nous passer de ses aptitudes “particulières”. – Les membres de l'Assemblée se concertèrent alors à voix basse, sous les yeux d'Abrahams dont le visage se fendit d'un sourire de satisfaction.

- Soit. – Reprit le premier homme. – L'Assemblée vous accorde une seconde chance, Monsieur Abrahams. Prenez garde à ne pas bêtement la gâcher. Votre insolence ne vous sauvera pas toujours… - L'homme marqua une courte pause, laissant planer un silence de mort. – Vous pouvez vous retirez. »

Tyler tourna les talons et se dirigea vers la grande porte qu'il ouvrit avec assurance. Il traversa un grand hall et tourna dans un petit couloir où l'attendaient tranquillement installés sur un banc ses deux enfants :

« - Ca va, vous avez été sages pendant mon absence ?

- Calleigh, elle a pas arrêté de descendre du banc. Mais moi, je l'ai remontée à chaque fois.

- T'es un sacré petit bonhomme. – Fit son père en lui frottant le haut du crâne. – Avec toi, ta sœur est entre de bonnes mains.

- Mouais, c'est sûr. – Répondit le gamin, tout fier de lui.

- Allez ma chérie, on y va. – Abrahams referma l'anorak de sa petite fille et la prit entre ses bras.

- Papa, papa, papa ! – Chantonna-t-elle gaiement. – Oui, on se calme Calleigh. Calleigh ! – Menaça-t-il la petite qui cessa de gesticuler. - Jay, donnes moi la main. »

Le petit obtempéra aussitôt et tous trois se dirigèrent vers les escaliers qui menaient au hall d'entrée.

 

Université LaFayette – Dpt. Histoire Ancienne – Lawson

Regroupés autour du bureau de Morgan, le petit groupe, que composaient celui-ci, Eleanor, Garret, Fergus et Gabe, discutait des événements de la veille :

« - En attendant, je ne l'ai pas rêvé. J'ai bien vu cette tablette, je l'ai vue de mes yeux ! – Affirma Gabe avec assurance.

- Oui, mais elle a disparue, comme cette fichue sorcière. – Intervint Garret. – C'est bête que tu n'aies pas pu la rattraper, Morgan.

- Oui… Elle aurait pu nous apprendre des choses…

- Je ne suis qu'un idiot ! – Se fustigea Gabe. – Si je ne m'y étais pas rendu seul, ça ne serait jamais arrivé.

- Attends… - Intervint Eleanor. – Qui aurait pu imaginer que se rendre dans une librairie était dangereux ?

- Et puis tout s'est bien terminé. – Poursuivit Fergus. Gabe se tourna alors vers le majordome.

- Parce que vous avez été un adversaire coriace et ça a laissé le temps à mon frère de détruire mon double de paille. Au fait… où avez-vous appris à vous battre comme ça ?

- Travailler pour votre père n'a pas toujours été de tout repos.

- Vous m'en direz tant ! En tout cas, je suis ravi d'avoir retrouvé mon libre arbitre. Etre manipulé comme une vulgaire marionnette, je ne le conseillerais à personne. Même si à un moment donné j'ai retrouvé un certain niveau de conscience.

- Les gènes atlantes, quel bonheur ! - Ironisa Garret. A cette remarque inattendue, les autres se mirent à rire.

- Bon, ce n'est pas tout ça ! - Coupa Morgan. - Mais on a une traduction à terminer nous. – Fit-il à l'encontre de Garret et Eleanor.

- Oui nous allons vous laisser. – Fit Fergus en invitant Gabe à la suivre

- Oh oui ! Mon cours !  - S'écria Gabe qui avait complètement oublié l'heure.»

Il s'empara du sac qui était posé contre le bureau et partit au pas de course. Fergus secoua la tête et lui emboîta le pas.

 

Donahue Hall – Chambre de Holly

Planté devant la porte de la chambre de son amie, Ronan semblait pressé de partir :

« - Holly ! Magnes-toi, on va être en retard !

- Voilà, voilà ! – Fit la jeune fille en refermant les portes de son armoire, un gilet à la main. – Pas la peine de stresser…

- Je te rappelle que nous devons présenter notre projet, aujourd'hui !

- Au lieu de râler, avances ! – Lui répondit-elle en le poussant dans le couloir. Puis, elle enfila son gilet et ferma la porte derrière elle. Une alerte sonore résonna alors dans la chambre. Une fenêtre apparue sur l'écran de l'ordinateur resté allumé, on pouvait y lire : Vous avez un nouveau message.

 

Dpt. Histoire Ancienne

Muni d'un crayon de papier, Morgan reproduisait à main levée le symbole qu'il indiquait du doigt sur le parchemin, puis il regarda le bouquin qui se trouvait sur sa droite :

« - J'ai du mal avec ce symbole. On a déjà butté dessus hier…

- Oui, j'ai vérifié toutes ses diverses occurrences pour tenter de faire un recoupement, mais ça n'a rien donné. – Répondit Garret.

- Peut-être qu'on s'y prend mal. - Supposa Eleanor. – C'est vrai, on cherche à lui donner un sens. Mais peut-être qu'il ne s'agit pas, dans ce cas précis, d'un idéogramme. Il peut s'agir simplement d'un mot.

- Comme dans le système des hiéroglyphes… Oui… - Morgan se tourna vers Garret. – S'il te plait, passes moi le livre sur les signes déterminatifs.

- Voilà.

- Merci. – Morgan se reporta à la page indiqué par le marque-page et la parcourut. – Thu…lé... – Puis il reporta son attention sur le parchemin. - La Terre de glace tu devras braver. Celle que les anciens ont nommé Thulé.

- Alors la clé se trouverait en Islande ?! – S'étonna Garret

- Plus précisément, au Nord Ouest de l'Islande. Dans la presque île de Drangajökull. – Les trois amis levèrent leurs yeux sur la jeune femme aux longs cheveux bruns, méchés, et retenus par un élastique, vêtue d'une longue jupe noire fendue et d'un top rouge au décolleté plongeant, qui se tenait dans l'entrée. Kirsten se tourna vers Morgan. – Salut beau blond ! »

 

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